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Le concert du nouvel an à Vienne, une déception

La nouvelle année a commencé, comme à l’accoutumé, par l’incontournable concert du Nouvel An. Habitués que nous étions à la flamboyance enlevée de ce concert d’exception, ce cru 2012 s’est révélé quelque peu décevant. Comme quand trop d’innovation tue un certain classicisme….

Pas top, cette année 2012… Je ne sais pas, où était ce faste qui en a fait la renommée ? Un chef pourtant très classe au dessus de tout soupçon, un tantinet essoufflé sur la fin, mais pas grave ça… Le problème est ailleurs. C’est bien de vouloir démocratiser. Après il faut que ça donne l’effet escompté. Les danseuses avaient leurs robes raccourcies, d’un bleu pas franchement danubien. Les chorés étaient contemporaines.

On nous a servi, sous l’oeil averti de Julie Andrews, le menu habituel des frères Strauss… mais ça manquait quand même de magie. Où sont les volants, les falbalas, les frous-frous et autres dentelles ? Où était ce frisson, houle gracieuse, qui traverse habituellement la salle dorée  tout en émoi ? Je regrette les Zubin Metha, moi, les Lorin Maazel…  pour mon oeil autrefois ébloui, c’était un peu un concert au rabais. On nous a habitué à mieux, à Vienne non ?

Ne boudons pas notre plaisir : le petit couple d’aujourd’hui, qui fait un retour en arrière dans les grandes salles de bal, c’était pas mal trouvé… à la fin ! Plus préoccupant : la musique classique perd peu à peu de son importance, de son prestige aux yeux de la jeunesse. Merci à Mariss Jansons de le rappeler : les valeurs spirituelles et culturelles en Russie, déclinent… Que dire de celles de la vieille Europe, qui, de par la mondialisation se voit dépossédée peu à peu de ce qui faisait son éclat ?

Gare à la vulgarisation d’un art qui fut d’abord réservé aux puristes ! Au peuple aussi d’en prendre soin… On peut me semble-t-il, conserver la beauté et la grâce d’une musique belle sans sanctionner d’autorité une certaine tradition conservatrice, au profit d’une prétendue accessibilité ? Reste que le bouquet de roses rouges et blanches, réconcilie tout un chacun, en fin de concert. Et que le parterre chic et classe remonte en nos coeurs le souvenir d’un paradis musical peut-être perdu…

Parallèlement, celui de la Fenice avait plus de panache, c’est sûrement dû à  Diego Matheuz, jeune chef vénézuélien, qui a mené avec vigueur le répertoire jusqu’au final et très attendu, comme toujours, brindisi  de la Traviata.
Trinquons à ce qui est éternel : l’art lyrique ne saurait se satisfaire de bémols ! il nous faut du bien, du beau, du parfait tiens !

Pendant que notre ami Roberto, sort un nouveau cd, Pasion en espagnol  – mais Roberto, c’est Roberto et il peut tout se permettre – n’en oublions pas ce qui nous fut assené par nos maîtres, lorsque, lycéens, nous assistions à ces cours aujourd’hui bien lointains, en vue de devenir un jour de divines divas, des ténors adulés !

Travail, travail, travail, disait Georges Thill, lorsqu’il enseignait à des élèves transis d’honneur, à Lourmarin…c’est la clé de la réussite, dans ce métier exigeant, l’art qui est de tous pour moi, celui soumis aux plus grands défis !
Montons dans les aigus, n’ayons pas peur de sublime : moderniser, oui, désacraliser, non ! Gare à ne pas mêler une fois encore, le pouvoir, l’argent, et ce qui doit rester intouchable : le talent passé à la postérité !

L'auteur : Quinquageniale

"C'est finalement au plus fort de l'hiver que j'ai compris qu'il existait en moi un invincible printemps".