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Interview : Olivier, le ténor au grand choeur

Parmi les personnes que j’ai pu rencontrer, il y a celles qui sont un peu de la famille. J’ai demandé à Olivier, mon ami d’enfance, de raconter son histoire. C’était un garçon gentil et éduqué, lorsque je l’ai connu, à quinze ans, à l’Opéra. Puis la vie nous a séparés, mais nous n’avons jamais perdu le contact. De cartes postales en mails aujourd’hui, voici plus de trente ans que je savoure cette amitié avec le bonheur de la certitude.

Nous avons vécu pleinement nos rêves de jeunesse. Il a chanté. Je me suis vouée aux autres. Nous sommes des quinquas désormais. Mais s’il est une chose certaine que la vie n’a pu nous enlever, c’est la certitude que les vraies amitiés, les vrais liens ne meurent pas. Je suis donc d’autant plus heureuse de vous livrer ici le témoignage qu’il a bien voulu rendre, « afin de m’être agréable ».

– Que faites-vous dans la vie ?

Artiste Lyrique Opéra

– Ça vous plait ?

Oui. Je chante dans les chœurs, un défi à chaque fois et aussi beaucoup de travail que l’on ne perçoit pas forcément car l’on a tendance à ne fixer son regard que sur les stars. Cependant c’est un travail de groupe, où l’unité doit être permanente si l’on veut que le spectacle soit cohérent et esthétique.

– Quel était votre rêve, à 20 ans  ?

D’être ce que je suis : Artiste Lyrique

– Et maintenant ?

Je ne me vois pas faire autre chose ! Pour le réaliser ce rêve, il m’a fallu passer par beaucoup de trous noirs, de doutes. Le mot sacrifice n’est pas vain en ce qui concerne ce parcours. Y compris sur le plan financier !

– Célibataire ou en couple ?

Célibataire mais j’ai toujours beaucoup aimé les femmes, vous savez ! Pour moi elles sont le sel de la terre. Je ne suis pas quelqu’un de compliqué, mais j’ai une vie compliquée, de par mon métier. Il est difficile d’avoir des horaires de fonctionnaire ! ce n’est pas forcément quelque chose qui rassure, j’imagine ! J’aimerais maintenant retrouver un second souffle, avec une compagne qui ne serait pas forcément chanteuse. Je ne perds pas espoir : à deux on a plus de force !

– Avez vous suivi des études, ou étiez vous poursuivi par elles ?

J’ai suivi des études. A un assez haut niveau. Parallèlement pour satisfaire à ma passion, j’ai fait trente-six métiers, de couvreur à homme de ménage, afin de payer mes cours de chant.
Je suis même entré dans l’armée ! Ma vocation m’a toujours rattrapé en cours de route, même si je me suis parfois égaré. Cela fait partie de la vie !

– La meilleure période de votre vie c’était ?

C’est maintenant. Je savoure les fruits de l’expérience vécue. Récemment j’ai acheté un appartement. J’ai  tissé mon réseau d’amis sûrs, et je m’enrichis chaque jour intellectuellement et spirituellement. J’ai toujours eu une ligne de conduite que je pourrais résumer par : vivre avec élégance, même si ce n’est pas tous les jours une évidence dans le monde où nous sommes.

– La pire ?

Mon divorce : j’ai dû me battre pour avoir la garde de mon fils, qui n’était alors qu’un bébé. Cela a été sordide, et inimaginable. Un combat durement gagné, en partie aussi grâce à ceux qui se sont mobilisés, amis et aussi ma compagne du moment, qui m’a permis de récupérer mon enfant.

– Êtes-vous plutôt remords ou regrets ?

Regrets. J’essaie de me conduire en gentleman… alors je pense ne pas être une proie facile pour les remords. Je pense faire mon devoir, j’ai donc la conscience tranquille.

– Décrivez-vous en 3 mots :

Rigoureux, persévérant et bon vivant !

– Ce qu’on dit de vous, le plus souvent ?

Que je suis  courageux ! La  vie n’a pas été facile, avec deux parents absents, chacun à leur manière. J’ai été autonome très tôt dans la vie. Cela m’a donné une force. Quand on ne peut compter que sur soi, on développe finalement des ressources et des défenses insoupçonnées. Mon bonheur aujourd’hui c’est mon fils. Je suis fier de lui, élever mon enfant me remplit de joie chaque jour que Dieu fait.

– 50 ans, c’est le bel âge pour ?

Pour vivre ! D’une certaine manière. Évidemment, il faudrait plus de moyens financiers pour réaliser d’autres objectifs, mais l’état de la France ne laisse guère supposer un redressement !

– Le conseil du quinqua aux jeunes :

Tout est possible et rien n’est infaisable ! Chose que l’ on ne  sait pas forcément à 20 ans.

– Tribune libre expression :

Il faut réconcilier le corps et l’esprit !
L’idéal grec en quelque sorte.
Merci pour votre interview qui me pousse à me questionner pour avancer encore !

L'auteur : Quinquageniale

"C'est finalement au plus fort de l'hiver que j'ai compris qu'il existait en moi un invincible printemps".