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Petites balades de printemps : quand le quinqua sort de sa bulle

J’ai cette chance inouïe d’habiter le plus bel endroit du monde : la côte d’Azur. Pour rien au monde je n’irais vivre ailleurs, même si l’on me payait billets et séjours compris dans un pays de rêve !
je revendique ma sédentarité.

J’ai eu la bénédiction de naître dans une région où le ciel ne reste jamais longtemps gris, où lorsqu’il neige c’est l’affolement général, tellement c’est rare. Je revendique ma provençale attitude et lorsque viennent les beaux jours, il est dans mes habitudes de faire ou refaire mes petits pélerinages des endroits que j’aime particulièrement en ce monde. Au pays de Raimu, je n’exagère pourtant rien, mais comme César dans son bar de la Marine, je regarde volontiers partir les autres ! et je leur souhaite du fond du cœur, un bon voyage.

Oscar Wilde a dit cette chose profonde : « J’aime les plaisirs simples, ils sont le dernier refuge des âmes compliquées. »

Âme compliquée je suis, bien malgré moi, ce qui me fait rechercher paradoxalement toujours plus les plaisirs simples. En cela je suis accompagnée par des quinquas qui en sont arrivés à la conclusion suivante : ce n’est pas la quantité des rencontres qui compte, mais la qualité. Ce ne sont pas les étoiles d’un guide qui brillent le plus, mais souvent le petit mas qui vous attend au bord du chemin, découvert par hasard, et dont vous ne vous remettrez jamais de ses brochettes de lapin au feu de bois !

Voici donc pour touristes ou habitants du cru, quelques idées sympas pas cher de surcroît pour se faire plaisir avant l’été et le préparer en douceur.

MarseilleMARSEILLE la belle : c’est la ville où je suis née. Cela a été 12 ans mon lieu de résidence. Marseille et ses 2600 ans d’existence reste incontournable, avec son vieux-port, et sa basilique. Notre-Dame de la Garde veille sur la ville et rien que pour cela, il faut aller voir. Un panorama magnifique s’étend et offre la multiplicité de cette vieille cité, vivante, avec le bleu du ciel et celui de la mer, comme une offrande. Après avoir visité la somptuosité de ces lieux que tout Marseillais respecte et aime, il est temps de faire une prière : la Sainte Vierge n’oublie jamais de vous exaucer !
En redescendant, pourquoi ne pas faire un tour à l’abbaye Saint-Victor et ses catacombes, datant du V ème siècle ? Au bout de sa rue se trouve le four des navettes, autre lieu mythique, son parfum de fleur d’oranger vous guide et vous êtes au cœur même de la légende : les navettes étant la représentation des barques de pêche marseillaises, colorées et  se choquant l’une contre l’autre,  au gré du Mistral !

La Cathédrale de la Major, pour terminer, ne serait-ce que pour sa situation : face à la mer, géante et inachevée, mais qui le voit ? elle se distingue par l’immensité de ses sculptures, et l’impressionnante gravité qui s’en dégage.
Mon conseil pour déjeuner : Le Marseillois : véritable goélette du XIXème, amarrée face à l’Hôtel de Ville, c’est une restauration de qualité qui vous y attend, que vous soyez sur le pont ou dans la cale. Les joueurs de l’OM entre autres y ont laissé leur empreinte, c’est un détour sympathique, on se croirait au temps des pirates !
A faire absolument : le tour de Marseille, une heure et demie, en bus avec impériale : idéal vers mai, pour planer au dessus des contingences. Mettre un chapeau et une crème protectrice ! Ça tape dur !

Vous partirez vers la Corniche, ferez une agréable balade aérée, entre mer et ville, notamment en passant par le Roucas Blanc, Notre Dame de la Garde, plongerez au cœur de la ville, Préfecture comprise. C’est une balade de charme, les oreillettes sont changées à chaque départ, pour bénéficier au maximum des explications données dans votre langue.
Marseille, le Grand Tour : un circuit de 18 km qui visite les principaux quartiers à une allure déjà printanière.
Il est temps de repartir, non sans regret, car Marseille captive et offre encore bien des plaisirs comme celui de revenir, le plus souvent possible !

CASSIS : à une demi-heure si la circulation est fluide, cette petite station balnéaire se résume presque à son port. Incomparable joyau dans son petit écrin de verdure et de calanques, Cassis n’a plus besoin de publicité. Sa célèbre devise l’a précédée : Qui a vu Paris et non Cassis n’a rien vu ! Ce petit port est magique pour se détendre, avec son alignement de cafés et restaurants, dont le fameux « Chez Gilbert », dont la réputation n’est plus à faire. Les randonneurs comme les pêcheurs connaissent par cœur ses calanques, que l’on peut également visiter depuis les navettes en partance.
Les petites boutiques et le marché cassidain du jeudi feront la joie de ces dames. Seul bémol : les parkings souvent au complet, et pas donnés. Dominée par le Cap Canaille, falaise imposante, Cassis est le rendez-vous marseillais par excellence, lorsque l’on veut sortir en soirée, (casino compris) mais très prisé des Anglais et autres étrangers qui aiment le soleil avec un brin de sophistication. Le petit train à touristes vous entraîne sur les hauteurs, dont l’on vous contera les anecdotes du cru, avec jovialité.

Mon coin à moi : le comptoir Grand Marnier, pour ses crêpes !

SANARY SUR MER : voilà la première station balnéaire de la côte, passés les Bouches du Rhône. Ici, on est dans le Var.  Pendant la seconde guerre mondiale, les  intellectuels juifs pris au piège, s’exilent pour s’y réfugier  et il en reste des traces. Une très intéressante visite est à faire : « Sanary insolite » (voir le syndicat d’initiative), où un guide expérimenté vous racontera les historiettes et les légendes de ce port magique, toujours ensoleillé, étourdissant de blancheur. De Thomas Mann au commandant Cousteau, en passant par le chanoine Galli,  de nombreuses personnalités ont marqué ce lieu. Le grand marché du mercredi, incontournable, est un vrai trésor. Sanary possède son théâtre, et toutes les structures possibles pour s’oxygéner et prendre du bon temps. Mais c’est surtout par sa situation que cette ville, qui a su se garder de phénomènes de mode peu engageants, reste un pic pour le promeneur avide de mer, de beauté, d’espace. La petite chapelle « Notre-Dame de la Pitié » constitue une excellente balade depuis le port jusque sur la colline d’où l’on jouit d’une vue magnifique : sur les presqu’île du Gaou par exemple et l’île des Zambiers. De l’autre côté Bandol et sa baie. Portissol, quartier chic de Sanary, offre sa plage très prisée des enfants, car on a pied longtemps. De là on peut suivre le sentier du littoral avec bonheur et à son pas.
Divers restaurants sont très abordables et de qualité :
Mes  points de chute :
Chez Mico : la meilleure pizza que j’aie pu manger ici. (en dehors de celle du Vallon des Auffes à Marseille).
L’art en bouche : bar à salades très in et sympa qui est aussi une galerie d’art. On déjeune parmi des œuvres contemporaines et le service est parfait, pour très peu.
Pour un simple café : le Bar des sports, impossible à louper, face au port, toujours plein, avec sa terrasse et ses parasols, non loin de l’Eglise Saint-Nazaire (ancien nom de Sanary).
l’En Ka : dans les petites rues bordées de boutiques de déco, vous trouverez ce restaurant délicat aussi bien par son ambiance feutrée que ce qu’on y sert.( notamment leur risotto).
Le Mac Sym’s, sur le port même : un menu très abordable et une propreté absolue.
Et tant d’autres…à découvrir entre deux rues qui font rêver, parce que Sanary c’est avant tout la liberté et le farniente. Sa grande place fourmille de marchands de glace, d’enfants, de promeneurs ravis autour du Carrousel de la ville, il y a aussi un mini-golf, et tout cela à deux pas des plagettes qui dès les premiers beaux jours trouvent leur clientèle.

Le CastelletEn grimpant un cran plus haut, vers les petits villages perchés, le charme continue d’agir : Le Beausset, et le Castellet en particulier, se méritent. Sis au cœur des vignobles, en restanques, ce sont de paisibles rues pavées qui vous amènent en douceur au lâcher-prise et à la flânerie.
J’ai le béguin depuis toujours pour le  Castellet, avec ses échoppes d’artisanat, sa minuscule église, ses remparts qui laissent le regard errer sur toute cette terre provençale sans pareille. Une population de touristes prédomine, mais dans le calme des ruelles grimpante bordées de vieilles maisons , plus ou moins à la recherche d’objets de brocante, ou pourquoi pas de bijoux ? Les artisans ne manquent pas. On y vend de tout, depuis les savons parfumés, en passant par les boutons de porte en porcelaine,  les bougies, odorantes, jusqu’à des poèmes !

Ma nette préférence va à La Terrasse, resto très sympa avec une cuisine maison, testée pour vous depuis déjà des années ! Ensuite il faut avoir une bourse bien pleine car tout est tentant, alors prévenez vos amis de passage, et ils passent volontiers en Provence, que le plaisir des yeux va avec celui des souvenirs que l’on ne manquera pas d’emporter et d’offrir : boutis provençaux, arlésiennes en farandole, ou tarentes en fer forgé, porte-bonheur bien de chez nous !

Cet endroit incite au repos, plus encore, à y revenir en amoureux ! C’est un précieux moment qui vous attend, avec ses vieilles pierres, et sa chaleur abrupte, comme si elle montait littéralement du sol jusqu’à vous pour vous saisir et vous empêcher de partir !

Voilà pour ce mini-tour déjà pas mal pour occuper une ou deux journées de soleil, avant l’heure d’été !

Bienvenue en Provence !

L'auteur : Quinquageniale

"C'est finalement au plus fort de l'hiver que j'ai compris qu'il existait en moi un invincible printemps".